Elle avait accumulé les ennuis. Problèmes mécaniques, pépins physiques comme cette cheville qui l’a martyrisé et un genou en vrac, Emmeline Ragot n’avait pas connu la saison qu’elle espérait. Ah oui, on oubliait : en juin elle avait même été disqualifiée de la Coupe du monde de Leogang pour une sombre histoire de porte coupée… Mais en débarquant à Champéry, de bons souvenirs sont remontés à la surface. C’est sur cette terrible piste de la Dérup que la Charentaise s’était imposée pour la première fois en Coupe du monde l’an passé. Alors, au moment de s’élancer, elle savait au fond d’elle que le coup était jouable. « Je me disais que sans tomber, je ne serais pas loin de la victoire. C’était vraiment compliqué de rouler avec ce temps mais je suis satisfaite de mon run » confiait la demoiselle qui suit des études de kiné. Finalement, seule Myriam Nicole sera en mesure de l’inquiéter. La Française, en tête à tous les intermédiaires chute en fin de course et mettra beaucoup de temps à remonter sur le vélo. Pour la deuxième fois après 2009, Emmeline Ragot est championne du monde : « J’ai pas mal galéré cette année, je devais également gérer mes études en parallèle. Terminer de cette manière, c’est magique… Nous avons voulu monter notre team avec Fionn (Griffith) et c’est une belle récompense collective » soufflait-elle. Titrée en 2008, Rachel Atherton prend la médaille de bronze, sa quatrième médaille : «Aujourd’hui, c’était la guerre ! C’était une question de survie de rester sur le vélo ! Après mes soucis à l’épaule, je suis vraiment heureuse de cette médaille… » A la troisième place, on retrouvait Claire Buchar. L’épouse de l’ex-descendeur, Kris Kovarik n’avait pas participé à la Coupe du monde cette année : « Je n’avais pas de sponsors et donc pas de budget pour courir en Europe. J’ai juste fait des courses par chez moi… Je suis vraiment très heureuse. « J’ai un ami qui souffre de Leucémie et j’ai beaucoup pensé à lui aujourd’hui. Je voulais lui montrer qu’il faut se battre ! » |